Châteauvillain : Parc aux daims

Arrêtons le massacre et le gâchis financier


Massacre du Parc aux daims à la dynamite pour y installer les fondations du projet Animal Explora qui ne verra jamais le jour. Massacre de la nature d'autant plus incompréhensible que derrière les murs de ce parc commence le cœur du futur Parc national et la réserve intégrale, intouchable où l'on suivra sur le long terme l'évolution naturelle de la forêt, et où "l'on protégera les richesses naturelles dont la ZNIEFF* qui représente 40% du territoire" (dixit la charte). Mais dites-moi, dans le Parc aux daims il y a aussi une ZNIEFF et c'est à coup de dynamite qu'on la préserve !

Massacre des daims qui sont présents depuis plus de 200 ans et qui ont donné leur nom au parc. Fierté et patrimoine des habitants de Châteauvillain, des communes associées et des touristes, ils sont 150 aujourd'hui et plus de la moitié doit être abattue. On estime pourtant qu'il faut un hectare par daim, avec 270 hectares, le parc a de quoi les héberger. Quant aux assertions selon lesquelles les daims seraient soudain devenus des bêtes féroces capables de mordre, on est dans le monde de Jurassic Park ! Faut-il rire ou pleurer à la lecture de telles inepties ? Pour noyer son chien, on l’accuse de la rage et pour tuer les daims, on dit qu’ils mordent…

Gâchis financier : 10 millions d’euros d'argent public ont déjà été dépensés en travaux et en trop nombreuses études. Va-t-on engraisser encore longtemps les cabinets d'études avec l'argent des contribuables ?

Légalité ?

La convention signée entre Châteauvillain et le Conseil départemental précise quelle prendra fin "si le projet Animal Explora, tel qu'il a été adopté par le Conseil général, n'est pas réalisé pour quelque motif que ce soit " Or c'est bien le cas, on ne parle plus du projet de départ.

A moins que l'arrivée du nouveau responsable du projet, Thomas Corvasce, par ailleurs responsable de la Fédération de chasse, ne préfigure une nouvelle destination de ce parc, tournée vers la chasse, l'hébergement des chasseurs qui viendront réguler le gibier du Parc national. C'est peut-être ça aussi que le seul et unique investisseur a en tête. On peut d’ailleurs s’interroger sur la légalité d’une telle option. Mais là, ce n'est plus le projet de départ et le parc devra retourner dans le giron de Châteauvillain ! Il y en a assez des gâchis de toutes sortes !

Marie Rose Patelli

*Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique


Une pétition adressée à la Préfecture de la Haute-Marne « Pour que les daims du parc de Châteauvillain restent en liberté » a été lancée sur Change.org. Pour signer : https://www.change.org/p/pr%C3%A9fecture-de-la-haute-marne-pour-que-les-daims-du-parc-de-ch%C3%A2teauvillain-restent-en-libert%C3%A9?signed=true

Le pavé à Rachid

Bambi va mourir

L’Homme, avec un grand H (et une grande hache)... L’Homme au centre de tout, au sommet de la hiérarchie des êtres et des choses, l’Homme-dieu, l’Homme qui règle, régule, régente tout y compris l’ordre naturel des choses. Grâce à Dieu, je suis athée ! a chanté Mouloudji...

On va tuer des daims dans le parc qui porte leur nom à Châteauvillain. Un massacre annoncé. Sans raison. Parce que la préfète en a décidé ainsi ? Rien ne le justifie. Sauf peut-être le sourire que lui a adressé le président de la Fédération de la chasse. Souriez, on tue. On va fermer le parc, abattre des arbres et des bambis. Une préfiguration du Parc national ? Il faut tuer pour réguler et favoriser ainsi, disent-ils, la cohabitation entre ceux qui restent.

Et si on leur disait d’arrêter de dire des conneries.

Réguler ? La Terre qui a l’âge vénérable de 4,5 milliards d’années a-t-elle besoin de ce nain d’homme d’à peine 500 000 ans (Lucy, je t’embrasse) pour se réguler ? Il suffit de voir comment l’homme, cousin du singe, a réglé le sort des grands primates. Et si l’on parlait baleine, éléphant, des espèces exterminées par la chasse, lions, tigres, phoques, tortues, lézards et je passe sur les poissons et les oiseaux, descendants du dinosaure...

Les animaux ont-ils jamais eu besoin de l’homme pour se réguler ? Est-ce la nature qui met l’homme en danger ou le contraire ?  Faut-il parler ici des régulations humaines : Hiroshima, Fukushima, Tchernobyl, j’ajoute notre fleuron, Bure-Saudron et ne saurais oublier Auswitch, le massacre des Indiens, des Tutsi et les millions de morts que ce drôle d’animal, l’homme, fondamentalement bon, s’est infligé à lui-même, sans doute pour «mieux cohabiter».

Oui, quoi ? Que deviendraient ces pauvres petits bambis de Châteauvillain, si on ne les tuait pas, hein ?

Arrêtons ces fables, tout à la gloire de l’homme et de son infinie bonté et laissons la conclusion à B.B. (Bertolt Brecht, gens de peu !) : « L'homme est bon, mais le veau est meilleur. »

Rachid R.   janvier 2016/octobre 2018

ARRÊTER LE CARNAGE !

300 personnes se sont rassemblées à Châteauvillain, samedi 6 octobre  pour dire NON au parcage et au massacre des daims. Une manifestation que les organisateurs voulaient humoristique. Elle le fut (voir nos photos) mais derrière l’humour, on percevait une rogne et une colère à peine retenues. L’article de Marie-Rose Patelli nous éclaire sur les raisons de  cette décision. Il se murmure également que le différend entre la préfète et le président du Conseil départemental à propos de la venue des tziganes ne serait pas étranger à la décision prise par la représentante de l’État. Animal Explora en fond d’écran, des bisbilles politiciennes entre notabilités et des dizaines de daims pris en otages et massacrés... C’était quelques heures après la venue de Macron en Haute-Marne

Ce n’est pas fini !

« Les daims qui sont là aujourd’hui sont les descendants  de ceux offerts, il y a deux cents ans par l’empereur du Japon à madame Adelaïde , la sœur du roi Louis-Philippe et petite-fille du duc de Penthièvre dernier seigneur de Châteauvillain... devait rappeler Catherine Boussard  dans l’intervention qu’elle a prononcée au nom des organisateurs de ce rassemblement pour montrer l’absurdité des décisions prises.  Elle a demandé aux participants de rester mobilisés. Une réunion va avoir lieu très prochainement pour envisager la poursuite de cette action. ( Notre photo : Catherine Boussard pendant son intervention)