AVIS D' UN EXPERT EN FORÊT

18 Décembre 2014

A propos du projet de parc national.

De temps en temps, on lit dans la presse des articles mirifiques concernant le projet de parc national. On nous montre certains côtés intéressants, mais on évite d’aborder l’aspect financier de ce problème .C’est bien de vouloir créer une instance nouvelle, encore convient-il d’en fixer le coût. Car il faudra prévoir toutes les dépenses de création et de fonctionnement : Toute une administration à mettre en place rémunération d’un personnel nombreux – de véhicules de service – sans compter qu’une telle entité se devra d’avoir sa maison du parc. Qui financera tout cela à longueur d’années, quand on sait que l’Etat se désengage dans bien des domaines ?

Dans ce projet, les 3 000 hectares de forêt dans lesquels on ne doit plus faire d’intervention de sylviculture posent un grave problème :

D’une part, c’est faire une zone d’exclusion où les bucherons et les sylviculteurs ne mettront plus les pieds. Qu’en sera-t-il des chasseurs ? Ce sera une zone improductive.

D’autre part, c’est annuler d’un seul coup et sans vergogne un siècle d’investissement ; car, contrairement à ce que beaucoup croient, la forêt ne pousse pas toute seule, il lui faut de temps en temps le petit coup de pouce du sylviculteur pour améliorer des peuplements. On y fait des plantations (boisement de la ferme d’Epillan en forêt d’Arc en Barrois, par exemple) et des travaux favorisant la régénération, etc. Les municipalités des communes forestières connaissent parfaitement le coût des travaux dits de conversion en futaie. Seraient-elles prêtes à tirer un trait sur de nombreuses années d’effort financier pour leurs forêts ? Non, bien sûr !

Abandonner la forêt à son sort, c’est la laisser vieillir. Pour le gibier, c’est lui supprimer les effets bénéfiques des jeunes recrues qui poussent après une exploitation (effets du taillis à gibier) et finissent par créer de vrais fourrés hautement appréciés par les sangliers et cervidés, mais aussi par les bécasses dans les petites clairières.

A la place, nous allons avoir un sous-bois qui s’éclaircit inexorablement, avec ici ou là des chablis, sans doute favorable à la prolifération de divers insectes, mais écrasant tout sous leur branchage. On a un exemple de ce que cela pourra donner quand on a vu les dégâts des grandes tempêtes récentes.

Et que dire de la venue très probable des loups dans cette grande zone ? Quelle sera l’action des gestionnaires quand de graves problèmes surviendront alors ? Agriculteurs et chasseurs n’auront plus qu’à pleurer sur leur impuissance face à ce fléau puisque cette espèce est protégée.

3 000 hectares, c’est vraiment beaucoup ! C’est le tiers de la forêt domaniale de Châtillon – Plus de la moitié de la forêt d’Auberive – 27 % de la forêt d’Arc en Barrois.

La forêt domaniale a bon dos, mais c’est nous qui avons payé et paierons encore …….

Robert MARICHAL

Ingénieur forestier E.R.



Question écrite à la ministre de l’Ecologie et réponse...



Madame la Sénatrice-Maire de Côte-d'Or, Anne-Catherine Loisier, a fait part auprès de Ségolène Royal, Ministre de l'Écologie, fin 2014, des inquiétudes des acteurs économiques locaux au sujet du projet de parc national des forêts de Champagne et Bourgogne. Et c'est trois mois après , en date du 23 février 2015, que la réponse est parvenue à Madame la Sénatrice.


Madame Anne-Catherine Loisier, dans un courrier diffusé le 3 mars 2015, indique avec justesse que les trois mois écoulés « Ce fut le temps nécessaire au GIP pour valider le projet actuel, pourtant source de division et d' hostilité sur le territoire, lors de l' assemblée générale à Chaumont le 11 février dernier. »

Dans son courrier Madame Ségolène Royal confirme, pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris, qu' « un parc national est un espace protégé correspondant à des standards nationaux et internationaux exigeants... » et que le projet doit présenter un « cœur dont les caractéristiques de surface, de compacité et de diversité soient suffisantes pour assurer la fonctionnalité écologique des espaces naturels sur le long terme. Cette exigence n'est pas compatible avec un cœur limité aux forêts publiques tel qu'envisagé dans le projet de 2011. »

A la lecture de ces quelques lignes, il est facile de comprendre que seront incluses d'office dans le cœur du parc des forêts communales, privées et des terres agricoles.

Quant à la charte évoquée dans le courrier, il est bien précisé que celle-ci se limite à « l'application de la réglementation en cœur de parc », réglementation qui elle est fixée par la loi de 2006 et le code de l'environnement. De plus « l'écriture de cette charte est un exercice qui ne pourra s'engager qu'après la publication de l'arrêté de prise en considération du projet. » Et il sera trop tard !

Face à cette tentative de passage en force, Anne-Catherine Loisier, Sénatrice de Côte d'Or, lance un appel auquel nous nous associons volantiers : « Dans ce contexte, pourquoi pas une consultation sur le projet et le périmètre du Parc National ? »


Blog de l’association des racines et des Hommes

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