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HÔPITAUX DE Haute-marne

NON à l’Hostérité !

«Le soin c’est ce qui fonde notre humanisme. Ce pas de plus dans l’humanisme a lieu avec le fait de prendre soin. » Cynthia Fleury

La situation dans les hôpitaux du sud Haute-Marne « inquiète ses usagers » suivant un article du JHM du 6 septembre dernier. Avec la mise sous administration provisoire décrétée par l’ARS au 1er novembre, comment pourrait-il en être autrement !

Une inquiétude qui ne va pas arranger le climat de défiance, justifié ou non, qu’éprouve la population concernée. Et ce ne sont pas les admonestations réitérées de Mme le Maire qui y changeront quoi que ce soit, d’autant qu’elle assume depuis 6 ans la présidence du Conseil de surveillance qui vient de déposer les armes : reconnaître l’échec du mauvais plan mis en œuvre après la dernière secousse de 2014 avec la fermeture du Service de Réa. qui vit plus de 4 000 personnes signer une pétition de soutien à l’hôpital de Chaumont.

Rien n’a paru plus urgent aux élus d’alors que de déminer le terrain. Entendre « retournez gentiment chez-vous, c’est à nous de décider ... ». Mais la confiance ne s’impose pas et la réalité est tenace.

Mélanger, confondre la cause et les effets de la maladie dont souffre, à l’image de centaines d’autres en France, notre hôpital, loin de soigner, aggrave le problème. La conception très libérale dont se flatte Mme Guillemy : « l’Hôpital doit être géré comme une entreprise » mène tout droit à une logique comptable.  On confie les clés à des technocrates type du directeur parti fin 2018 avec le « sentiment du devoir accompli » et qui s’est surtout occupé de faire entrer le privé dans l’hôpital public.

Les résultats sont devant nous aujourd’hui : catastrophiques et que l’on met sur le dos d’une direction intérimaire.

Si une gestion saine est nécessaire, elle n’est nullement la raison principale des difficultés. Celles-ci ont largement été aggravées par la Réforme Bachelot instituant le paiement à l’acte, au demeurant mal rétribué et concevant le fonctionnement de l’hôpital comme celui d’une entreprise privée qui doit être bénéficiaire ou à tout le moins en équilibre.

À Chaumont certes, les spécialistes « à disposition » font défaut et plombent les comptes, mais c’est le lot de tout établissement en ruralité et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Tant que les moyens de l’Etat pour un soin de qualité et de proximité ne seront pas à la hauteur de l’enjeu rien de tangible et satisfaisant ne se fera.


G. Tardenois - Chaumont le 12 septembre 2019