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La maladie de l’Hôpital

Titrer ainsi serait-ce enfoncer une porte ouverte ? Peut-être ! Pourtant la maladie de l’Hôpital n’est pas le monstre du Loch Ness qui, de temps à autre, sortirait sa tête de l’eau. C’est une maladie endémique qui ne tient pas qu’à la santé. Ainsi les problèmes des hôpitaux du Sud Haute-Marne ne peuvent se résumer en une formule, une phrase. Excepté assurément la poursuite sur des décennies d‘une gouvernance de l’Etat réduite à une gestion purement comptable et financière de l‘institution et de la santé en général.

Certes, la gestion, par elles-mêmes, des différentes entités formant le désormais GHT (*) n’a pas été sans défaut. Il serait d’ailleurs fastidieux de les énumérer. Citons cependant la construction et l’équipement d‘un plateau technique onéreux et surdimensionné à l’Hôpital s’inscrivant en contrepartie d’une obsolescence progressive du bloc opératoire de la Clinique. La conjugaison (volontaire ET contrainte) a conduit à l’installation d’une partie de la Clinique privée dans l’Hôpital public.

Revenons pour l’heure au traitement (à l’ordonnance) prescrit au malade Hôpital. De manière un tant soit peu anachronique, il semblerait qu’à l’ère proche de l’E-médecine intégrale où un spécialiste de grande métropole  soignera tout un chacun à distance, nos Hôpitaux subissent encore la pratique ancienne de « la saignée » pour les emplois des personnels. Un soin qui, paraît-il, soulageait un temps le patient mais à le réitérer, à la longue, il le faisait mourir d’une plus ou moins belle mort, d’ailleurs.

Historiquement, de la quasi burlesque proposition d’un regroupement type « on rase tout et on refait à neuf en rase campagne à Marnay ou Rolampont, un trois en un » jusqu’aux promesses (qui n’engagent que ceux qui y croient, bien sûr !) de Madame le Maire lors de la fermeture de la Réanimation, résumées alors par un sempiternel « Ne vous inquiétez pas, je m’occupe de tout ! », nous avons traversé deux périodes qui avaient montré l’attachement de la population à une politique de santé de proximité. Depuis, la confiance s’est largement dégradée.

à la santé maltraitée de la population s’en suit la santé de l’établissement avec

« des taux de fuite important des patients ». (**)

Et de tout ceci il sera encore question ici.

G. Tardenois

(*) GHT : Groupement Hospitalier de Territoire

(**) Extrait Rapport d’observations Chambre Régionale de Comptes Grand-Est (01.2017)