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haro SUR LES RETRAITES

Jack Formet  syndicat CGT des retraités de Chaumont

Avec les candidats de droite et d’extrême droite, déclarés ou non, c’est l’ex-Premier ministre de Macron, É. Philippe, qui s’est invité, dimanche dernier, dans le concert électoral dont l’enjeu essentiel risque de se perdre dans les voies de garage, les contre-vérités et les mensonges jusque dans les propos les plus haineux. Tous les discours de ces personnages ne font d’ailleurs qu’un : haro sur l’humain, haro sur le social.

Ce qui est au cœur de la bataille peut se résumer ainsi : les citoyens accorderont-ils une liberté sans limites au pouvoir de l’argent avec les conséquences désastreuses pour les salariés et les retraités ? La Macronie a déjà étalé son savoir-faire dans ce domaine : coupes dans la Santé et les services publics, les APL et les allocations de chômage pour ne citer que ces mauvais exemples. Elle entend cependant aller plus loin, pourvu qu’on lui en donne les moyens.

Il y a notamment, mais pas seulement, deux piliers qui empêchent les conservateurs, « libéraux » et xénophobes de tout poil de dormir : notre Sécurité sociale et notre système de retraite. On imagine sans difficulté ce que représente la masse de nos cotisations lorgnée par l’assurance privée et les fonds de pension. La « réforme » des retraites, largement contestée, avait été lancée par le même E. Philippe qui récidive à présent : « La variable qu’on ne pourra pas éviter de toucher, c’est la durée du travail, de cotisation. Il faut se préparer à 65, 66, 67 ans. » En écho, G. Roux de Bézieux, le patron des patrons, lui a accordé son satisfecit.

Nous avions dit, à l’époque, tout le mal contenu dans une « réforme » impliquant l’allongement de la durée du travail et la baisse inévitable du montant des pensions au regard d’un mode de calcul aberrant et des prérogatives gouvernementales interdisant toute avancée. C’est ce plat, que l’on veut nous resservir, qui avait fait sortir plus de 1 500 personnes, en décembre 2019, dans les rues chaumontaises et des centaines de milliers partout en France.

La force d’hier avait fait reculer le mauvais coup. La redéployer aujourd’hui s’impose nécessairement quand tous les prétextes sont utilisés pour briser notre salutaire unité.