GAZA : les démocraties occidentales coupables de complicité de génocide 

Dans les camps de Sabra et Chatila, en septembre 1982, c’est sous la protection de l’état-major israélien que les phalanges chrétiennes libanaises massacrèrent en moins de trois jours entre 500 et 3000 civils palestiniens, pour la plupart des femmes et des enfants. L’ONU alors avait qualifié les faits d’acte de génocide.

A Gaza, depuis le 7 octobre et l’attaque du Hamas, l’armée israélienne a bombardé nuit et jour, la bande de Gaza et sa population, causant la mort de plus de 15 000 Palestiniens, essentiellement des civils, dont 6 000 enfants et 3 000 femmes. On compte aussi 1 500 enfants disparus, pour la plupart vraisemblablement ensevelis sous les décombres. Une soixantaine de journalistes, une centaine d’employés de l’ONU. Du jamais vu.

La tuerie ininterrompue pendant sept semaines s’est effectuée sous le regard et  sous la protection des démocraties occidentales.

Car dès le début de l’opération militaire, le camp occidental a couvert totalement son allié en l’assurant d’un appui inconditionnel. Et cet appui avait valeur de feu vert pour toutes les dérives, pourtant prévisibles, de la part du gouvernement d’extrême droite au pouvoir à Tel Aviv.

De même, pour assurer la liberté de mouvements à son allié israélien, le clan occidental s’est opposé systématiquement à toutes les demandes de cessez-le-feu au conseil de sécurité de l’ONU, tandis que, sur le plan militaire, les Etats-Unis déployaient deux porte-avions au large des côtes gazaouies.

A l’issue de la trêve décrétée le 24 novembre, l’armée israélienne n’ayant remporté aucun succès décisif en un mois et demi de bombardements intensifs, se prépare à reprendre ses opérations. Elle se propose de détruire le sud de la bande de Gaza avec le même aveuglement méthodique qui a déjà ravagé le nord de cette enclave. Le sud de Gaza où, aujourd’hui, s’entasse l’essentiel de la population gazaouie.

L’horreur de l’attaque initiale du Hamas ne suffit plus à masquer l’horreur de l’action militaire israélienne. Les populations, en Europe comme aux États-Unis,  manifestent leur opposition à la poursuite des bombardements. Mais parmi les gouvernements des pays occidentaux, en dehors de l’Espagne et de la Belgique,  rares sont les voix qui expriment la moindre réprobation.

En 1948, la “catastrophe” de l’exode palestinien qui a suivi la création de l’état d’Israël, la Nakba, s’est soldée par un bilan d’environ 13 000 morts, majoritairement civils.

Depuis 75 ans, l’histoire palestinienne est jalonnée de tragédies. Mais jusqu’à ce jour, jamais encore le nombre des victimes n’avait dépassé celui de 1948.

Comment ne pas qualifier de génocidaires, des représailles qui, sous le couvert d’une riposte, poursuivent en fait l’objectif ouvertement affiché par certains membres du gouvernement israélien d’une nouvelle Nakba, qui achèverait le processus d’expulsion initié en 1948 ?

A. Fellner


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