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FDSEA et Jeunes agriculteurs :                      « Création d’un Parc National, ou comment passer sous le dictat parisien »

le 13/05/2015 


Communiqué de presse de la  FDSEA et des Jeunes agriculteurs de Côte-d’Or et Haute Marne : 


« Une délégation de 8 agriculteurs côte-d’oriens et haut-marnais, concernés par la création du parc national des forêts de Champagne et Bourgogne, se sont rendus mi-mai en Lozère pour échanger avec des acteurs du territoire du parc national des Cévennes, qu’ils soient agriculteurs, conseillers techniques, ou membre du Conseil d’Administration. "Mise sous cloche, liberticide, nouvelles contraintes, liberté d’exercer mise à mal, surveillé en permanence, dictature". Les qualificatifs négatifs ne manquent pas pour caractériser le parc national des Cévennes, actuellement le seul parc national français avec en zone règlementée – le coeur de parc – des habitants et activités économiques présents à l’année.

Quand en Côte-d’Or et Haute-Marne, les décideurs du GIP des forêts de Champagne et Bourgogne martèlent, que pour le futur second parc national habité, il n’y aura aucunes contraintes règlementaires, mais uniquement du développement économique, difficile d’y croire. En effet, par la loi de 2006 de création des parcs nationaux, le ministère de l’Environnement impose de nombreuses règles. Dans les Cévennes les exemples sont légions comme les réfections de chemins privés et communaux qui doivent obligatoirement faire l’objet de demandes d’autorisation. Ou encore pour retaper une maison, la surveillance d’un architecte des bâtiments de France est systématique car il impose les matériaux ainsi que les dimensions à respecter. Et que dire des zones nommées "réserves intégrales" desquelles toute activité humaine, dont la chasse, est proscrite. Difficile d’y échapper quand l’on sait que Paris détache sur le terrain 40 gardes aux missions de police !

L’ancien président du Parc, dont la mandature vient de s’achever il y a 1 mois le confirme. "Les réserves biologiques intégrales sont redoutables. Il faut s’y opposer ! De manière générale, le parc est un combat continuel car soumis au cadre national qui ne tient pas compte des spécificités locales."

Concernant le développement économique dans le parc national des Cévennes, il est quasiexclusivement basé sur le tourisme. Logique dans une région naturelle qui espère obtenir une labellisation au patrimoine mondial de l’Unesco pour la qualité de ses paysages. Evident dans ce territoire de moyenne montagne qui dispose d’une renommée depuis de longues années ! Et dans le Chatillonnais ? Aucun projet ou exemple de développement n’a, à ce jour, été présenté par les décideurs du projet. En se projetant, il y aura probablement du développement touristique. Rien d’étonnant quant on part de zéro. Mais sera-t-il à la hauteur de la richesse créée par l’activité agricole ? Le sacrifice de 200 exploitations agricoles ne se justifie pas ! Car des sacrifices, il y en aura.

Dans les Cévennes, les attaques répétées du loup, sur les animaux d’élevage – ovins, veaux, poulains – sont en passe de se banaliser. Bien que les élus du conseil d’administration du parc national se soient positionnés contre le loup, le ministère de l’Environnement et le Préfet Coordonnateur n’autorisent pas sa régulation. Les conséquences sont directes : l’arrêt de la production ovine pourtant partie intégrante de ces territoires de landes et parcours. Et qu’en sera-t-il dans le parc national des forêts de Champagne et Bourgogne, alors que le loup a déjà été identifié dans le périmètre champenois ?

45 ans après sa création, et malgré une période favorable jusqu’à la fin des années 90, le parc des Cévennes suscite encore de la méfiance. Quoi de plus logique quand les habitants du territoire se font imposer des règles dictées par Paris. Et comment pourrait-il en être autrement en Haute-Marne et Côte-d’Or, d’autant plus que sa création se déroule dans un climat délétère ?

Quel gâchis, car comme le rappelle l’ex-président du parc national des Cévennes "un parc national peut devenir un outil au service du territoire. Pour y parvenir, cela passe par un discours de vérité, des acteurs économiques reconnus et des élus locaux qui prennent, face à l’Etat, leurs responsabilités pour préserver les intérêts de leur territoire !" Ce n’est malheureusement pas la voie qui semble être suivie en Champagne Ardennes et Bourgogne…»


http://www.bienpublic.com/cote-d-or/2015/05/13/fdsea-et-jeunes-agriculteurs-creation-d-un-parc-national-ou-comment-passer-sous-le-dictat-parisien

Parc National Bourgogne-Champagne