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La vie est trop souvent ailleurs

Le billet d’Elté


Il ne se passe pas une semaine sans que la presse ne nous conte les exploits, essentiellement sportifs, de valeureux Haut-Marnais. Le Journal de la Haute-Marne nous a même déniché cet été une championne du monde de parachutisme. Preuve qu'il existe encore de sacrées forces vives dans notre beau département.

C'est bien connu : les Haut-Marnais ne se rendent pas compte de tous les trésors qui les entourent et de l'extraordinaire potentiel de leur belle région. C'est encore ce que se tuent à nous répéter, à longueur d'interviews, nos différents préfets et chefs de services.

Le problème, c'est que ces discours sont tenus généralement par des gens qui partent, tout contents de pouvoir poursuivre leur carrière loin de Chaumont, ou tout simplement d'aller prendre leur retraite ailleurs...

Et les sportifs ?

Eh bien la plupart n'ont plus de haut-marnaises que leurs origines. Il y a belle lurette qu'ils sont partis vivre et s'entraîner sous d'autres cieux (quand ce ne sont pas déjà leurs parents qui ont déménagé avant leur naissance). Il n'y a aucune chance en réalité pour que ces héros reviennent vivre en Haute-Marne et encore moins y apporter une animation.

Année après année, notre département perd ses forces vives. Les clubs de sport sont les premiers à en prendre la mesure. Les jeunes, qu'ils parviennent toujours à intéresser, s'envolent inexorablement, passé l'âge de 18 ans, faute de trouver ici les formations qu'ils recherchent.

Certes, avec quelques décennies de retard, on met en place ici et là quelques solutions. Des cours de toutes sortes sont proposés par écrans interposés. C'est mieux que rien. Mais entre ça, dans un département souffrant d'un manque criant d'infrastructures, et la possibilité d'aller étudier dans une ville universitaire, le choix des jeunes est souvent vite fait.

Les préfets et chefs de services de l'Etat, qui se sont succédé à Chaumont depuis des générations ont tous plus ou moins participé au démantèlement de ce département. Au mieux ils ont accepté, au pire ils ont accéléré le départ de toutes sortes de services publics. Et aucun d'eux n'a mis son énergie dans le maintien de nos forces vives.

Alors quand, au moment de partir, ils trouvent le moyen de nous dire que nous ne savons pas apprécier notre département à sa juste valeur, il y a lieu de se demander si, en plus, ils ne se paient pas notre tête.

Il serait bon en tout cas que les prochains aient autre chose à nous raconter.

Elté - Chaumont 6 septembre 2019

Nucléaire : Bérangère Abba en (ordre de) marche

Le billet d’Elté

Dans une interview accordée à «La Voix de la Haute-Marne», la députée Bérangère Abba se livre à un bel exercice de langue de bois macroniste. On ne résiste pas à la tentation de vous livrer intégralement ce qu'elle dit à propos de Bure. Au passage, vous pouvez vous amuser à noter tous les «en même temps» contenus en filigrane dans ce texte :

«S'il y a beaucoup de garanties aujourd'hui au niveau scientifique et environnemental, on continue à parler de gestion des incertitudes, cela me laisse dubitative. Seulement voilà, les déchets nucléaires existent, on ne peut plus les envoyer ailleurs. L'Etat ne mettra en route Bure que lorsqu'on aura toutes les garanties nécessaires en termes de sécurité et de sûreté, les premiers colis ne devant arriver qu'en 2025. Malgré tout, j'ai obtenu qu'on réévalue l'opportunité du stockage des déchets nucléaires en subsurface. C'est resté, chez moi la première, une autre option. C'est l'idée de les répartir plutôt que de les concentrer et d'avoir la possibilité d'intervenir en cas de problème».

En bref, l'ancienne opposante du projet de Bure, membre actuelle du Conseil national de la transition écologique, a encore quelques légères inquiétudes sur les conséquences de l'enfouissement des déchets nucléaires. Mais elle ne doute pas que lorsqu'on le fera à Bure (dans 6 ans probablement), on aura forcément levé toutes les incertitudes.

On notera qu'elle ne dit pas un mot sur l'alerte lancée deux semaines plus tôt par Greenpeace, montrant qu'on disposait d'ores et déjà de deux fois plus de déchets que ne peut en contenir Bure.

En fait, on voit bien qu'elle se prépare à ne plus jamais dire non...

Et c'est encore plus clair sur le projet Unitech, dans le même journal, quelques pages plus loin.

Le problème de la laverie nucléaire à Suzannecourt et de son impact sur les eaux de la Marne ne fait pas l'objet d'une grande réflexion de la part de Bérangère Abba. Spécialiser la Haute-Marne dans le nucléaire usagé chiffonne bien un peu la députée, mais, comme elle le dit si bien : «Tout est à mettre en regard avec les 40 emplois créés». Du coup, elle entend bien s'en remettre aux conclusions de l'enquête publique et à la décision préfectorale qui s'ensuivra.

On peut en conclure que son acceptation est acquise d'avance.

Ses convictions écologistes n'auront donc pas tenu longtemps au contact du pouvoir. Mais qu'elle ne vienne quand même pas nous raconter qu'elle s'y résout au nom de l'emploi. Sinon, pourquoi ne s'oppose-t-elle pas à toutes les suppressions d'emplois publics que subit particulièrement notre département ? Et puis, compte tenu de sa position, pourquoi ne s'implique-t-elle pas plutôt en Haute-Marne dans le volet économique de la transition écologique ? Il y a certainement là plus d'emplois et d'avenir que dans les à-côtés du nucléaire.

Elté




















Nucléaire : la macronisation de la députée bérangère Abba

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