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Déchets nucléaires : Bure est déjà dépassé !

Greenpeace vient de mettre les pieds dans le plat des traiteurs de déchets nucléaires. L'enquête de l'ONG internationale montre qu'EDF a largement sous-estimé les volumes de ces fameux déchets. Un problème qu'avait d'ailleurs déjà soulevé la Cour des comptes, s'inquiétant pour sa part de la dérive financière à prévoir.

Greenpeace montre qu'à côté des 10 000 m3 de déchets hautement radio-actifs destinés directement à l'enfouissement, il existe d'ores et déjà 5 à 7 fois plus de combustible usagé, appelé à finir de la même manière. Celui-ci n'est pour l'instant pas considéré comme déchet, puisqu'on prétend le recycler dans de nouvelles centrales. Mais on voit bien tous les soucis que posent les EPR. Et puis surtout l'annonce par la France de l'abandon des recherches sur les réacteurs de 4e génération rend obsolètes bien des velléités de recyclage.

La polémique s'est développée sur les surcoûts que tout cela allait engendrer. Et EDF s'est vite défendue en affirmant qu'on avait bien le temps de voir et que, de toutes façons, elle avait déjà provisionné 41 millions d'euros. Mais pour quoi faire ?

Nous, on retient qu'il existe dès aujourd'hui deux fois plus de déchets potentiels que ne pourra en contenir le futur et unique centre de stockage souterrain de Bure. Une conclusion s'impose donc : cette réalisation étant dépassée avant même d'avoir vu le jour, il faut se dépêcher de l'abandonner. Et que l'ANDRA ne vienne pas nous bricoler des projets d'extension du site !

Si c'était le cas, on peut raison-nablement penser qu'elle perdrait toute la crédibilité qu'il lui reste encore dans la population. Et l'État, qui s'est mis jusqu'ici dans des situations inadmissibles pour faire taire les opposants, devrait alors faire face à une levée de boucliers autrement plus large.

Elté - Chaumont le 12 septembre 2019