Le billet à B.B.

Cher Édouard

Il y a à peine plus d'un an, le ministère de l’Économie assignait le Galec, principale centrale d'achat du mouvement E-Leclerc, pour avoir imposé des prix moins chers à ses fournisseurs, hors des contreparties prévues par leurs contrats.

Cette fois Bercy assigne quatre entités du même groupe, soit Eurelec Trading, Scabel, Galec et Acdlec, pour des pratiques commerciales abusives, évoquant une amende record de 117,3 millions d'euros. Le ministère accuse Michel-Édouard de contourner la loi française en passant par l’étranger via Eurelec Trading, la centrale d'achat belge du mouvement, créée en 2016 et partagée avec l'allemand Rewe. Depuis E-Leclerc délocalise chaque année une part plus importante de ses négociations commerciales en Belgique et aurait eu recours à l'application de mesures de rétorsion fortes pour obliger ses fournisseurs à accepter les conditions posées par Eurelec.

Je cite le patron de Nestlé France, Richard Girardot, le 23 août dernier : « que penser de la création de la grande centrale d'achat Eurelec Trading, au travers de laquelle un distributeur français négocie, commande, livre et facture depuis Bruxelles, des produits français à destination d'entrepôts français, de magasins français, pour des consommateurs français, tout en s'affranchissant des contraintes de la fiscalité et du droit français, l’un des plus protecteurs des fournisseurs ».

Eh bien moi je pense que ces capitalistes crapuleux qui installent leur siège en Suisse pour des raisons fiscales et copinent avec Pietr, Paulo, Jack quand ça les arrangent, regorgent d’idées et de moyens pour accumuler, comme d’habitude, des richesses au détriment des gens ordinaires bons qu’à pousser leur caddy et sortir leur carte bleue aux caisses dévoreuses. Il a bonne mine l’ancien épicier de Landernau, figure d’un mouvement au chiffre d'affaires 2018 de 37,75 milliards d'euros (hors carburant). Ils n’en auront jamais assez, leur credo c’est faire du blé et peu importe d’où vient le grain à moudre, du moment que ça rapporte. Ils peuvent bien nous la faire avec leur marque Repère, leurs Alliances locales ou ‘‘ Nos régions ont du talent ‘‘. En se donnant bonne conscience avec du pseudo-local, ils pensent redorer leur image, tout en engrangeant des marges brutes de 40% avec un cahier des charges drastique imposé à leurs partenaires locaux (de France ?), en étouffant quelques-uns au passage, et alors, c’est rien qu’une sélection naturelle, non ?

Édouard, Michel et Johnny même combat. Fume c’est du belge ! Rien de mieux pour se faire de la gratte pas cher sur le dos des petzouilles français.

Bernard Blum

Le billet à B.B.

Chers retraités

Bon, apparemment, la rédaction ne m’a pas encore signifié mon congé donc je reste avec toi Camarade, passant d’un jour sur le marché ou abonné assidu de notre beau journal. Tu aurais peut-être préféré y trouver les mots fléchés ou la recette du potimarron à l’ail des ours ? Et bien tant pis, tu auras droit au billet de BB ! Et vacances ou pas, je reviens sur la condition des retraités, feuilleton de l’été genre endémique la crise dérange !

Et primo un fait incontestable : dans leur ensemble, les retraités ne sont pas des nantis ! Cette idée insidieuse a tracé son chemin dans le débat public à cause des décisions du Macron de faire financer par une majorité d’entre eux, via la hausse de la CSG, une baisse du coût du travail dans le but d’aider chômeurs et jeunes à trouver un emploi. Implicitement, cette mesure véhicule l’idée que les retraités seraient, en grande partie, privilégiés par rapport aux jeunes. Alors citons un chiffre provenant d’une enquête publiée en mai dernier par le ministère des Solidarités et de la Santé (la Dress dont je vous ai parlé récemment) : ce service estime, à partir d’une analyse des retraites des personnes nées en 1946, qu’un quart d’entre elles touchent moins de 800 € de pension, et 44 % moins de 1200 €. Ah diantre, si c’est ça être riche et privilégié !

Par contre, dit l’analyste, ces générations de retraités ont profité des années de plein-emploi et avec ça on se console comme on peut ! À ce sujet, Gérard, mon vénérable et néanmoins toujours vaillant collègue, me disait que lorsqu’il commença de travailler (au siècle dernier) l’espérance de vie “moyenne” était de 65,7 ans pour un homme et l’âge légal de la retraite fixé à…65 ans ! Autant dire qu’en vertu des saintes moyennes, ces générations ont cotisé une vie entière pour espérer profiter de leur pension quelques mois ou semaines !

Je citerais bien volontiers le sociologue Serge Guérin, coauteur de La guerre des générations aura-t-elle lieu ? : « on oublie trop souvent de dire qu’un jeune peut toujours espérer un avenir meilleur en étudiant et en travaillant, alors que la situation des retraités âgés a peu de chance de s’améliorer. Je trouve normal que des gens qui ont travaillé et cotisé pendant quarante ans aient un meilleur revenu que les jeunes ».

On n’en demandait pas tant, mais après une vie de travail, est-il dénué de fondements de disposer d'un niveau de vie égal voire supérieur à ceux qui entrent dans la vie active et qui bénéficieront eux-mêmes d'une trajectoire ascendante. À méditer, non ?

Bernard Blum

Le billet à B.B.

T’en pinces toi ?

Ainsi donc, selon l’avis éclairé d’Agnès Roblot-Troizier, déontologue de l'Assemblée Nationale, le sieur de Rugy n'avait "rien à reprocher" quant à la dizaine de dîners recensés par Mediapart. Invitant des quidams proches du cercle de son épouse, François avait nié avoir commis une faute car requis par ses fonctions à "un travail de représentation". Pour Séverine de Rugy "ce n'est pas privé c'est du relationnel : certes, ça appartient à un cercle amical mais on n'est pas là pour se taper la cloche" (taper sur ces cloches de manifestants, la matrone laisse ça aux sbires de son pote Castagné !).

Pour la petite histoire, la déontologue a été nommée en août 2017 par…de Rugy ! Sûr qu’elle a un jugement sévère et objectif quand sa mission est de faire cesser les conflits d’intérêts dans lesquels s’emmêlent les parlementaires ignorants des limites entre public et privé ! Macron et la première dame ayant eux sûrement droit à la langouste de Patagonie pour leurs agapes protocolaires, n’en pincent pas pour le homard et le souverain ayant marre des média-part au quart de tour ne voulant pas revivre un cauchemar estival en butte à des braillards comme ceux qui lui pourrissent encore la vie avec le BenAllah de l’an passé. Raison du pourquoi le chef hagard avait rugi dans les couloirs du Palais et viré sur-le-champ son franchouillard ministre d’État sans prendre de pincettes.

Dommage que les zélés serviteurs de la République une et indivisible ne puissent plus se goinfrer tranquille d’une bouillabaisse royale si peu améliorée de quelques crustacés décapodes. Ce n’est quand même pas la faute à François si les tourteaux sont hors de prix quand le cuistot de l’Assemblée ne sait pas faire un gratin de nouilles. Et si t’es pas content, t’avais qu’à magouiller pour faire partie du panier de crabes grouillant depuis la dernière marée en marche.

Ces pitreries de l’été ne sont que des exemples du mépris et de la morgue affichés par certains élus. Je rugis de voir comment ces inconscients se prélassent dans leurs privilèges et se foutent allègrement des règles qu’ils instaurent…pour les autres ! Savent-ils seulement qu’ils bouffent en une soirée ce dont disposent certains citoyens pour un mois entier ? Et encore ils s’en ficheraient pas mal, trop heureux de péter plus haut que le cul dans des draps de soie payés par le contribuable. Rugis ou aboie Camarade mais c’est mordre qu’il faudrait maintenant, briser enfin la carapace de ces mollusques de ripouxblicains ! Tous ensemble réunis ? chiche !

Bernard Blum

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Le billet à B.B.

DONALD, canard calamiteux

Trump a donc décidé de mettre le grappin sur le Groenland ! Une outrance verbale de plus à porter au débit du débile étatsunien, me diras-tu avec ce sourire indulgent accordé aux défavorisés du ciboulot… Mais Camarade, tu sais bien que ces ricains ‘’unis’’ ont, dans leurs gènes, la certitude que tout leur est dû par la grâce divine allouée au peuple élu du capitalisme frénétique. Ce qu’ils ne prennent pas par la force (territoires indiens ou hispaniques…) ils l’achètent (Louisiane, Alaska…), passant en un siècle et sans état d’âme des Treize Colonies d’origine au troisième pays le plus vaste du Globe. Tu n’as d’ailleurs pas oublié qu’ils ont déjà proposé un ‘’deal’’ aux Danois en 1867 puis en 1946 pour mettre la main sur l’île, contraints de se contenter de la base aérienne de Thulé en y installant secrètement à proximité, des missiles nucléaires pointés vers l’Eurasie.

Derrière son délirant masque de clown, le dangereux cow-boy gominé a le sang-froid du saurien dont il use de la peau pour ses santiags. En vérité ses propos s’inscrivent dans le contexte de la course à l’exploitation des vastes ressources souterraines de l’Arctique. Le Groenland est riche en matériaux indispensables à l’industrie (or, zinc, cuivre, graphite, nickel, platine, uranium) et en hydrocarbures, (jusqu’à 13 % des réserves non découvertes de pétrole et 30 % pour le gaz) le tout devenant de plus en plus facile à extraire au vu de la fonte de la calotte glaciaire. Picsou et le dieu Dollar n’en ont rien à foutre de la protection de l’environnement ! Ils feront, au contraire, tout pour accélérer le réchauffement climatique propice à leurs appétits démesurés.

Certes, c’est business business à la gloire du billet vert, mais il faut également considérer la géopolitique du moment. Trump et congénères ne décolèrent pas d’être bafoués par les Russes et les Chinois qui les ont devancés dans la conquête du Grand Nord. Leur hégémonie est mise à mal d’où leur volonté d’en découdre avec ces deux blocs communistes viscéralement honnis pour les abattre aux plans politique et économique. La Chine, par exemple, contribue à hauteur de 47% du déficit commercial américain (seulement 19% pour l’UE), insupportable pour les prétentieux électeurs US. Si seulement ils pouvaient régler leurs comptes entre eux mais vois-tu, cher ami, pour être les maîtres du Monde ces crapules-là n’hésitent pas à brader la planète et nous resterons les cocus de la farce fiers de préserver l’immaculée couche d’ozone. À moins que…Tous unis ? Pourquoi pas, Camarade.

Bernard Blum - 5 septembre 2019


Le dernier billet à B.B.

EFFARANT ce FERRAND

Richard Ferrand, l’atterrant président de l'Assemblée Nationale (un REM, évidemment) a été mis en examen pour "prise illégale d'intérêts" par trois juges d'instruction s’affairant dans le dossier des Mutuelles de Bretagne. C’est un douteux montage financier, mêlant et entremêlant tant l’ex-femme que l’actuelle compagne du richard, qui avait déjà conduit ce fidèle de Macron à quitter le gouvernement en juin 2017. Dans l'histoire parlementaire française, la justice déférant un président de l'Assemblée pendant son passage au ‘’perchoir’’ est inédite mais avec de tels volatiles on n’est pas à une première près… Edouard Herriot, maître en cuisine électorale, ne disait-il pas « La politique, c'est comme l'andouillette, çà doit sentir un peu la m..., mais pas trop ». Certes, l’argent n’a pas d’odeur sauf que maintenant on retrouve toutes les semaines au menu du jour les embrouilles et malversations de la frange véreuse des Marcheurs préposés à la soupe politicienne macronite !

C’est ce vociférant Ferrand qui avait déclaré lors de la campagne : « Fillon a souillé tous les élus de France ». Le même, un peu avant d’être viré par précaution, énonçait les critères de moralité imposés aux candidats REM pour les élections législatives. Chacun devait « faire la preuve de sa probité en fournissant son casier judiciaire, faire une déclaration d'intérêts pour montrer qu'il n'y a pas de conflit d'intérêts, s'engager à ne pas embaucher son conjoint ou ses enfants lorsqu'on a une fonction publique ». On croit rêver !

Macron a échoué, là comme ailleurs, sur sa promesse de changer la politique, espérant que le comportement de son nouveau monde laverait plus blanc que l'ancien... Mais pouvait-il en être autrement puisque le gros de ses troupes est composé d’opportunistes déserteurs de tous bords, proliférant sur les décombres des "vieux partis" déjà bien gangrenés par trop d'affaires. Tel le dit sieur Ferrand qui, après avoir appartenu à l'aile gauche du PS, révéla ses penchants naturels en préférant Emmanuel et devint secrétaire du mouvement de celui-ci en 2016…Merci mon roi !

S’enferrant dans la magouille, Ferrand n’est pas crédible et devrait être démis définitivement de toutes ses fonctions au sein de la République.

Tous ces ‘’serviteurs’’ de l’État devraient se poser cette question : « Suis-je exemplaire dans toutes les responsabilités que j'ai ? » Mais en sont-ils capables quand leur ambition personnelle leur bouche les yeux...                

T’en penses quoi, Camarade ?

Bernard Blum - 26 septembre 2019