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édito

1er Mai

Survit l’espérance…

Richard Vaillant,  syndicat CGT des retraités de Chaumont

Pour la  CGT Retraités de Chaumont et Langres, la fête du travail est une véritable fête avec repas, concerts et traditionnels discours…ainsi commence l’article que Frédéric Thevenin consacre dans le Jhm à notre 1er mai. Et quelques lignes plus loin, il ajoute « Richard Vaillant…a prononcé un discours mobilisateur et rageur ». Rageur, sur le coup, le mot interpelle et irrite même un peu et puis on relit ce que l’on a écrit et on trouve que, tous comptes faits, cela correspond assez bien à l’état d’esprit du militant CGT, dans « un pays pantelant sous le pied des fantoches » comme écrivait Aragon.

Alors oui, j’enrage à lire et voir les exploits de l’armée française et de son commandant en chef en Syrie pendant qu’un silence accablant est observé pour la Palestine. Gaza la torturée. Et j’ai la rage de voir la désinvolture des gens qui nous gouvernent, là-haut et ici bas (ici Abba ?), je veux dire de Paris ou de Haute-Marne, ignorant la peine et la souffrance des hommes et des femmes qui travaillent, de ceux qui chôment et des retraité.e.s qui tentent vaille que vaille de vivre après une longue vie de labeur. Et certains d’entre eux ne peuvent que survivre. CSG, impôts, santé, services publics tout doit faire profit pour ceux qui nous gouvernent, maîtres de forges ou fondés de pouvoir de banques. Il y a de quoi enrager à voir ces fantoches être aux petits soins pour les milliardaires et pressurer ceux qui ont peu, ceux qui n’ont rien.

Mais je m’énerve encore… Une trace de mai 68 ? Sans doute. Le 1er Mai, c’est certes, la fête, la paella, excellente paraît-il, meilleure encore que les autres années et la chanson -Paccoud soufflant, accordéon vissé au corps, sur les braises rouge et noir de la révolte ; Burnin’Waters (T’es rock, coco ?) ; et puis le bonheur d’être ensemble, divers et semblables, les mots frère, ami et camarade dans le cœur. Parfois un simple geste, un sourire, une main qui glisse sur votre manche ou un mot, un regard suffisent. Nous sommes dans cette terre de fraternité qu’est le syndicalisme qui lutte.

Un camarade m’a dit qu’il était venu au syndicalisme retraité CGT pour la fraternité et la solidarité qu’il y avait vues.  Brottes-Chaumont, salle des fêtes, treize personnes ont rejoint la belle sarabande de lutteurs enragés qu’est le syndicalisme CGT retraités de Chaumont. Si on leur demandait pourquoi, peut-être répondraient-elles -ils- par ce vers de Louise Michel : en nos cœurs survit l’espérance.

Richard Vaillant

2 mai 2018